Raynald Driez – Poème vachard

Femme pire
Fille d’un hideux rêve
Ma température est noire
Mon cou rouge monstrueux
Mes yeux deux plaies qui te regardent
Et mes veines sont des vaisseaux de guerre
L’encens me calme
Mais le vin embaume toutes mes résolutions 
Et me voilà broussaille et accroupi sur mon manuscrit
Déchirement, muraille de nuit
Vachard à mort
Femme puanteur femme cadavre
Tu peux me branler, ivre,
Ma propre faute c’est toi
Bras veine doigts sillons
Bouche perle chatte pédéraste 
Main bec hanche poisson savon
Corps paume  entailles terminaisons 
Tes yeux sont des tourteaux que je baise
Maux chéris, maux chéris
ta bouche est un poulet pourri
tes mots des cailloux acerbes
ton calme un mensonge désespéré 
Tes seins deux choses à arracher 
Et ton cul un monde mort 

Raynald Driez – V comme Vierge

driez

Je ne veux plus sentir ses dents non
Non plus sa langue
Parce que je la lui suçait en la baisant

Son épaisse langue

Et ses grands pieds de Vendéenne

_ On ira écrire et peindre là bas… _

_Oui !_

Encore 4 ans a attendre
Sur son débile visage j’étais fou! 

Encore 4 ans à jouir sur son débile visage

Où je me suis emballé car 

J’étais fou

_ On dirait que tu es une chose, façon drone, que tu pilotes à distance dans la vie _
J’ai écrit 6 pages que je vais jeter a la mer
J’ai écrit 6 pages de mon crâne de tous
Un long gémissement bavé pendant la nuit
Montolieu! Montolieu! Montolieu!

Eperons coupants pendant trois nuits
( D’ailleurs j’ai vu Bernard là-bas
Les fleurs du mal a 40000 euros
Je trouve que les mecs abusent
Il trouve aussi que les mecs abusent )

_ Y’a pas l’odeur d’un petit air pourri ?_
6 pages de petits morts distribués sur les plages
De Dinard à Saint Gilles la Croix de la Vie
6 pages de petits morts sur les plages

Mais hélas
Je ne porte plus la croix de la vie
Je n’y crois plus a cet enfer qui
Nous a trop rapidement brisé
Le bleu je vais

_ Béni, que tu as refusé! Défi ! Folle que tu es !_
Le poser dans un cimetière
Ou sous l’oreiller mais voilà que

J’ai eu froid

Sous l’oreiller
Oh Tellement froid pute !
Oreiller élégant
Dans un grand jardin superbe et mélancolique
Avec le chien Borgias et Simone la gardienne

Qui me donnait des oeufs
J’ai cherché un coin pour écrire
_ Au bar? _
Je cherche un coin pour écrire
Ne t’inquiète pas pute !
Je déteste le sud

Mais pas dans ce train

Je ne peux pas détester le sud dans ce train d’où j’écris
_ Alors là mon pote t’es quand même bien entamé! _
Vierge précieuse qui porte la tête haute
Qui regarde au loin
Souvenir en satin noir
Avec une toujours petite odeur de sueur
Elle s’en va
Vierge ou pute?

Je ne sais pas

Là maintenant vraiment dans ce putain de train je sais pas

Je vais écrire pendant 4 ans

Raynald Driez – L’enfant hurle

L'enfant hurle

L’enfant hurle

Sanglant enfant sans possible sommeil

Rouge face sans odeur, celui,

Quand les enfants n’ont pas d’âge,

Qui cri les veilles de mémoire nocturne

En mille consonnes,

Il beugle un nombre de cris, le libertin enfant,

Hallucinant !

Sa précoce dépression

Enfin mienne

De cordons et de toute chair

Sa précoce dépression

Toute fraîche

Mamelon bébé

Comme un bois vert

Hurle

Fraîchement

Comme un bois vert dans la rosée

L’enfant hurle

Fraîchement

C’est un homard rouge qui sort de la mer

_ Comme elle doit être bonne ta peau salé_

L’enfant hurle

A Dinard il hurle

Dans le ventre de sa mère

Et dans son appartement

Il hurle

Il hurle en buvant

Il hurle deux yeux exorbités

Il hurle le mendiant

Il hurle sa vie de chair

Sa naissance qui plie

Il hurlera des nues en céramique

Il hurlera sa vie entière

_ Mais pour le moment tu t’ignores_

Il hurlera des vierges défoncées

Dans des tons baveux

Putain le mec il sort de terre

Des cranes en or pâle et en bleu

Des palettes de femmes chamottes à hurler

_ En bloc _

Mais pas dans son appartement

D’où il vient

Mais pas dans son appartement car

C’est de là qu’il peut hurler