Mais où est le problème? – Compte rendu de lecture par Gilles Farcet

Gilles Farcet a publié ce « compte-rendu d’une lecture vive et encore chaude »  il y a une dizaine de jours sur sa page Facebook. La grande qualité de cet article m’incite à en rendre également la lecture accessible sur ce blog. 

22256864_1471099276305254_5024105572872819417_oEn lisant très attentivement Où est le problème, troisième et, dit -il, probablement dernier, livre publié par Daniel Morin , pour qui composer et publier un ouvrage est une entreprise à maints égards contre nature, j’ai eu beau chercher , je ne l’ai pas trouvé – le « problème ».

Dernier ou pas- ne jamais dire « fontaine » …- ce livre me parait le plus ramassé et le plus abouti des trois. 

Allons plus loin : ce petit livre (à peine plus de 150 pages) est un grand livre. Grand par la finesse de l’expression, l’acuité du propos qui tranche comme un diamant, la verticalité de la perspective qu’il martèle jusqu’à ce que le lecteur attentif en soit étourdi. 

Attention : les choses étant ce qu’elles sont, ce livre risque fort d’être rangé dans la catégorie des ouvrages que pondent régulièrement des « éveillés » bientôt aussi nombreux que des poules en batterie.. . « Eveillés » à propos desquels l’auteur a ce propos férocement lucide et, à mon sens, définitif : « chez certains, malgré un discours imparable, il y a toujours la notion d’un moi qui serait sorti d’affaire. Leurs prestations ne servent qu’à valider un moi d’enseignant ». 

Et en effet, le bijou intitulé Où est le problème ? n’a rien à voir avec cette morne production infligeant à un public peu discriminant une métaphysique d’autant plus prétentieuse qu’elle est la plupart du temps à deux sous. Il appartient à une toute autre catégorie , pas celle du toc mais des joyaux de rare facture. 

Car n’est pas simple qui veut. Beaucoup de discours aujourd’hui populaires dans la sphère dite « spirituelle » se bornent à seriner une affirmation , en général celle de la « non séparation » de manière curieusement linéaire, sans perspective ni profondeur, à la manière du médecin de Molière qui face au maux divers et variés de son patient ne sait que répéter « le poumon, le poumon vous dis-je ». 

A toute première vue, ce reproche pourrait très bien s’appliquer à ce livre d’un bout à l’autre axé sur un seul énoncé décliné pour ainsi dire à tous les temps et tous les modes. 

Mais alors d’où vient cette impression de vastitude, d’abîme vertigineux que ces mots font vibrer ? D’où jaillit ce parfum de subtilité alors même que l’auteur , tout compte fait, n’a pas grand chose à nous dire hormis une seule ? 

Simple, ce livre l’est. Mais il est tout sauf simpliste. 

Arnaud Desjardins – que Daniel, soit dit en passant et ainsi qu’il s’en explique brièvement, n’a pas du tout renié- aimait parfois à dire que les deux métaphysiciens du Bost (son premier ashram) n’avaient pas leur certificat d’étude… A la lecture de ces pages, on comprend pourquoi Arnaud pouvait qualifier son élève, ouvrier métallurgiste, de « métaphysicien » ( l’autre étant André Rochette). Daniel y a condensé l’essence de son approche, enlevant pour ainsi dire toute la graisse pour nous donner un bouquin rédigé au couteau, véritable « fleuron de discrimination ». Longue vie à Daniel, mais s’il lui fallait un testament spirituel, Ou est le problème? ferait très bien l’affaire, tant son « message » , terme impropre concernant un témoin qui ne se veut pas messie, y est en quelque sorte gravé. 

D’un certain point de vue, ce livre peut être considéré comme un lumineux commentaire d’une unique et désormais fameuse formule de Swami Prajnanpad : « Pas ce qui devrait être mais ce qui est ». « L’être humain », nous dit l’auteur, « n’a qu’un seul problème apparent, vouloir autre chose à la place de ce qui est là ». De cette proposition, il extrait une métaphysique qui éclaire la nature de ce qu’on appelle « l’ego », construction fantôme née de et entretenue par l’illusoire prétention à un moi possesseur, contrôleur et séparé. Cette métaphysique aboutit à une pratique consistant à débusquer dans l’instant la « demande d’impossibilité » afin de revenir à ce qui est, donc au Tout. On n’en dira pas plus ici, l’idée étant d’encourager à la lecture du livre et non de le paraphraser. 

Par contre, il n’est peut être pas inutile d’envisager comment un tel livre sera inévitablement récupéré pour alimenter des oppositions. Par exemple entre approche dite « progressive » et voie parfois appelée « directe » – comme s’il existait des voies «indirectes » et par conséquent des gens assez crétins pour les emprunter… Comme toute démonstration nécessairement faite avec des mots et concepts, la sienne, à l’image de l’enfant sur la balançoire, appuie d’un côté pour mieux faire émerger l’autre côté. Là, on bute sur la limite de la transmission verbale qui ne saurait, quelle que soit sa subtilité, restituer le Tout ou le Réel dans son intégralité par essence insaisissable. Contrairement à ce que laissera supposer une lecture superficielle, Daniel ne récuse pas la réalité sur un certain plan d’une progression, pas plus qu’il ne récuse l’existence du « relatif » . Comme il le dit si bien « l’apparence fait partie de la totalité et en tant qu’êtres humains nous vivons dans l’apparence relative. Pourquoi la dévaloriser ? Simplement, il s’agit de ne pas la prendre pour une vérité absolue. »

Ce que Daniel dénonce, ce n’est pas la progression , c’est la croyance selon laquelle avant de pratiquer il faudrait progresser . Il ne nie pas qu’une compréhension puisse progresser dans le temps, mais insiste sur le fait que la vision de ce qui est ne saurait progresser. Toute son approche consiste non pas à exclure d’autres approches au nom de la sienne qui serait seule « vraie » mais à « renverser la perspective » afin de tirer le tapis sous les pieds de l’erreur par laquelle nous remettons la pratique à plus tard. Partir de la pratique (la vision de ce qui est par la mise en évidence de notre « demande d’impossibilité ») et non se préparer à pratiquer un jour, tel est son refrain qu’il chante sans que jamais on ne s’en lasse tant sa voix le module sur quantité de registres… Etant entendu, comme il le dit là encore si bien que « comprendre intellectuellement l’évidence ne suffit pas.Il faut l’intégrer, l’incorporer, pour ne plus douter ». 

Autrement dit, d’abord en revenir à l’évidence de ce qui est, ensuite l’intégrer dans le cadre de notre appréhension humaine où effectivement il y a – ou pas !- progression. 

Aussi la tentation d’ opposer son approche à une autre – lui dans le rôle de l’ « éveillé » diabolisant l’idée de progression, et l’autre (votre serviteur par exemple et entre autres … ) dans celui de l’obscurantiste traditionnel énonçant la possibilité d’ une progression, n’est elle que cela : une tentation … La tentation, comme chacun sait, n’a d’autre visée que celle de diviser … Diviser pour que règne … l’illusion, la souffrance ,la non pratique- comme on veut. 

A chaque enseignant sa vocation à laquelle il ne peut que se conformer, chacun – y compris sans doute ceux dont l’enseignement sert avant tout à valider un moi enseignant – n’étant qu’un pion sur le grand échiquier. La vocation de Daniel , ainsi qu’il l’énonce clairement, n’est pas, ou en tout cas plus , d’accompagner des personnes dans la durée mais de témoigner assez sporadiquement (il ne donne chaque année que quelques rares et courts séminaires) de cette approche qui s’impose à lui et qui, encore une fois, procède d’un renversement de perspective. 

Maintenant, et après le torrent d’éloges que je viens de déverser sur ce petit livre , est – ce à dire que l’ approche dont il est conducteur serait miraculeuse ? J’ai bien peur que non. S’il suffisait qu’un enseignant dénonce magistralement une erreur fondamentale pour que chacun, éclairé, change de suite de perspective, cela, comme on dit, se saurait … 

Non seulement ce livre ne fera pas de bruyants miracles – si jamais il en déclenche ils prendront place dans le silence- mais il donnera forcément lieu à des malentendus et détournements, comme nous en prévient l’auteur lui même dans son épilogue : « ce petit livre ne pourra pas échapper aux interprétations inévitables et conséquentes dues aux déviations de sens ». A bon entendeur … 

Tout comme tant et tant utilisent les enseignements apparemment « progressifs » – celui d’Arnaud Desjardins, par exemple- pour éviter la pratique en la remettant au futur, beaucoup vont utiliser, utilisent déjà, je le constate- la parole de Daniel pour plaquer une fausse compréhension sur un véritable évitement de leur réalité présente et donc, là aussi , court-circuiter la pratique au nom de son immédiateté… Ce qui soit dit en passant est tout de même fou, mais , « complexité, ton nom est mental ! » – Swami Prajnanpad.

Ce petit livre est il de mon point de vue « parfait » ? Non, bien sûr.

Ici et là je relève des passages qui à tort ou raison m’apparaissent moins convaincants. A titre d’exemple les quelques lignes que Daniel consacre à son rapport à la lignée et la dépendance que celle ci instaurerait me paraissent pour le coup quelque peu simplistes. 

Face à la « monomanie » – éclairée- de ce livre, on serait aussi en droit de poser une question : si Swami Prajnanpad ou/et Arnaud Desjardins n’avaient réellement qu’une seule chose à dire (« être un avec ») pourquoi se sont ils aussi tant épuisés à dire tout le reste ? Pourquoi se sont ils tant investis dans l’accompagnement des personnes dans la durée ? Par adaptation , sans doute, mais l’adaptation ne serait elle pas également l’un des synonymes d’ « être un avec » ? 

Mais ces quelques réserves n’en sont pas vraiment, dans la mesure où Daniel , encore une fois, ne prétend pas invalider d’autres approches et ce serait lui faire un bien mauvais procès que de le sous entendre. Je ne les formule que par un souci d’équilibrer ce qui pourrait sinon apparaître comme la manifestation d’un enthousiasme béat. Etant bien entendu que pour ma part je continuerai à m’inscrire dans une lignée et une sangha , à accompagner des personnes tout au long de l’année dans ce que j’appelle le LDI (le lien à durée indéterminée) , à constituer et animer un groupe ou sangha en tant que famille fonctionnelle et redoutable déclencheur de pratique, sans pour autant me sentir coupable d’entretenir une quelconque dépendance ou une illusion de progression qui compromettrait la pratique ici et maintenant. 

Tout cela n’étant qu’une manière de dire que tandis que Daniel sera Daniel, Gilles sera Gilles , Tartempion Tartempion et qu’il ne saurait en être autrement. C’est la merveille de la vie qui , pour être non séparée, n’en est pas moins un festival de différences. Et je n’ai pas fini de conseiller la lecture de ce livre. Tant il est vrai que les différences de point de vue appréhendées non pas à partir d’une intention de séparation mais d’ inclusion (qui ne veut pas dire confusion) enrichissent le pressentiment du Tout.

Je voudrais terminer sur une note encore un peu plus personnelle (au sens qu’elle m’engage ) : J’ai du faire la connaissance de Daniel il y a une trentaine d’années. 

Tous ceux qui ont fréquenté de près ou de loin Hauteville, l’ashram fondé par Arnaud Desjardins le savent, Daniel et moi avons plus tard et pendant plus de dix ans , ce qui tout de même n’est pas rien, été « collègues » en ce lieu – moi dans le rôle du tout jeune collaborateur ayant tout à apprendre, lui dans le rôle du grand ancien dont j’ai, je tiens à le dire, beaucoup appris. Durant toutes ces années, Daniel a donné sans se ménager , aux prix de grands sacrifices personnels pour lui et les siens, avec une ferveur et une force de conviction admirables. Il ne me parait pas tout à fait vain de s’en souvenir. 

Je ne prétends pas pour autant connaître Daniel. C’est un être humain à certains égards difficile à appréhender. Par contre, et je souhaite saisir cette occasion de le dire ici publiquement, je suis convaincu que Daniel n’a rien oublié et encore moins renié de ce qui a fait son parcours. Il a certes poursuivi son cheminement humain, avec ses tours et détours, ses vicissitudes , ses surprises propres à questionner ceux et celles qui avaient, plus ou moins lucidement et avec plus ou moins d’intégrité, tant investi en lui. 

Ayant pour ma part et comme je viens de le dire beaucoup appris de lui mais ne l’ayant jamais placé sur je ne sais quel pesant piédestal, entre autres celui du « successeur désigné» si confortable pour nos envies de concession à perpétuité, je ne me suis du coup jamais senti porté à déboulonner une statue qui ne me concernait pas tant que cela, même s’il m’est à l’époque arrivé de me sentir un peu écrasé sous son ampleur. 

A la lecture de son livre je n’ai en ce qui me concerne rien décelé qui me semble contraire ou en opposition avec la perspective dont nous sommes issus sur le plan de notre « chemin », celle transmise par Swami Prajnanpad, puis par Arnaud. Eut ce été le cas que ce n’aurait pas non plus été un « problème » – sinon au nom d’une orthodoxie en elle-même contestable. Mais le fait est que selon moi , ce ne l’est pas. Tout au plus des différences d’angle d’attaque et d’expression. Le moins qu’on puisse faire quand même dès lors qu’on aspire à l’au delà des mots étant de ne pas s’arrêter aux seuls mots… 

Quand, donc, tout est dit, Daniel témoigne de ce qu’il connaît, sachant que « connaitre c’est être », selon Swamiji. 

C’est une démarche à respecter et pas à interpréter. Arnaud Desjardins n’est plus là pour approuver ou non mon propos mais mon petit doigt ose me dire qu’ il ne me démentirait pas et se serait à bien des égards régalé à la lecture de ce livre. 

Je vous le demande alors : Où est le problème ? 

PS : la belle préface de Bruno Solt, restituant opportunément et avec talent le parcours et la figure de Daniel mérite d’être mentionnée.

Gilles Farcet

Hank

Hank

La vie, man, la vie. Du jamais vu, je te le dis, de l’inédit jusqu’à aujourd’hui. Contemple et apprends, contemple et apprends. Tiens-toi tranquille et sache que la vie n’est que le bavardage de Dieu. Souvent, ce bavardage n’est que ça : du bavardage. Dieu divague, ou plutôt il semble divaguer. Il fait comme s’il divaguait, la canaille, ça fait partie de son éternel jeu de cache-cache. Un débit ininterrompu de situations, de collisions en apparence sans queue ni tête, de drames et de merveilles, parfois, entre surexcitation et abattement. Et puis il arrive que tout d’un coup, si tu regardes, si tu te tiens tranquille et que tu regardes calmement, la cohérence se fait jour. Le sens de ce discours selon toute apparence insensé se révèle et te foudroie. Le monde cesse d’être ce conte plein de bruit et de fureur raconté par un idiot et qui ne signifie rien. Ou, plus précisément, il demeure un conte plein de bruit et de fureur, mais plein de silence et d’amour, aussi, dit par une incommensurable intelligence et dont le sens fulgurant échappe à toute appréhension rationnelle, mais qui est pourtant bien là, de toute éternité.”

Hank

Poème pascal …

LE ROI DU MONDE

« Vous aurez des tribulations de par le monde ; mais prenez confiance. J’ai vaincu le monde.  » 

J.C.

« Only one of us was real and that was me » 

Leonard Cohen

 

Il est le roi du monde

Tout le monde s’en fout
Mais c’est ainsi

Il est le roi du monde
Lui, il le sait
Cela suffit

Depuis ma campagne enfouie
Voici que je viens à Paris

Je taquine la vieille catin
Mais je ne lui cède rien

Avenue des champs élysées
Parures et Luxe exhibés
foules avides et harassées

Fin de journée en terrasses
Bourrées de jeunes gens apprêtés
Qui ignorent que jeunesse passe

Adore moi prosterne toi
Et tout cela sera à toi
me susurre une vieille vieille voix

Ah mon malin , très peu pour moi
Et d’ailleurs j’ai déjà donné
Déjà donné oui , autrefois…

Je suis le roi du monde
Tout le monde s’en fout
Mais c’est ainsi

Je suis le roi du monde
Moi je le sais
Cela suffit

Je prends un bain de samsara
Les rues vibrent des désirs
De tous ces humains aux abois

Je me faufile dans ce magma
Avec mon cœur qui se tient coi

Presque plus rien a faire, ma foi
De tout cela, de tout cela
Qui me distrait mais me laisse froid

J’ai bien dit « presque », car pourquoi pas

Arpenter sur la pointe des pieds
Ce terrain de jeux accidenté
Ces jeux auxquels on ne croit pas
Mais qui furent les nôtres autrefois

Nager allègre dans ces eaux
Sans plus devoir mordre aux appâts

Arpenter les couloirs
De la prison dorée
Temps tiré, peine purgée
Oh, Étonnante grâce
Qui m’a ainsi sauvé …

Il est le roi du monde
Tout le monde s’en fout
Mais c’est ainsi

Il est le roi du monde
Lui, il le sait
Et cela suffit.

Gilles Farcet

Le défi d’Être (Réedition)

Denise, GillesExtrait de la réedition du Défi d’Etre (dialogues avec Denise Desjardins) aux éditions  Dervy Livres

Gilles Farcet: On a envie de vous demander : à quoi bon en passer par là ? Pourquoi ne pas vivre tranquille en laissant sommeiller les monstres qui dorment en nos profondeurs, puisque leur réveil provoque de tels bouleversements…

Denise Desjardins: Je vous répondrai que si monstres il y a, on ne vit pas tranquille ! Tout au plus réussit-on, en dépensant beaucoup d’énergie, à survivre avec ses démons, à se maintenir dans un pseudo- équilibre sans cesse menacé. On habite sur un volcan prêt à se rallumer, ou au sommet d’un immeuble susceptible de s’effondrer à la moindre secousse. Je n’appelle pas cela vivre… D’autant que, plus les années passent, plus l’édifice se fissure, et l’on ne se dirige pas vers un vieil âge et une mort paisibles. Par ailleurs, tout dépend de ce que l’on veut, de ce que l’on recherche. Je ne voyais pas en Svâmiji un psychanalyste ou un thérapeute, mais bien un gourou, un sage dispensant un enseignement métaphysique. Le lying s’intégrait dans une démarche globale de connaissance de soi et de recherche du Soi ; c’était un élément parmi d’autres de la quête de l’absolu. Je ne me considérais pas vraiment comme une femme soucieuse de guérir de sa névrose mais comme une apprentie-disciple d’un maître védantique, et c’est là toute la dif- férence. Je n’étais pas partie en Inde pour y dénicher un super psychanalyste, même si le lying a joué un rôle essentiel dans mon propre cheminement. toutes les traditions spirituelles enjoignent aux disciples d’affronter leurs démons et ne cachent pas que cette démarche comporte certains dangers. Comme le disait Svâmii : « Le chemin n’est pas pour le lâche. » Il faut assumer et payer le prix. Peut-être ai-je moi-même payé un prix très élevé… mais je ne le regrette pas. Oui, vraiment, je ne regrette pas d’avoir payé le prix de la vérité. J’ai rencontré et connu la vérité de mon être, et cela n’a pas de prix. Si c’était à refaire, je recommencerais. un cer- tain degré de liberté intérieure, le fait de ne plus subsister dans une attitude défensive ou de camouflage vis-à-vis de mes propres émotions, valaient bien cela.

le défi de l'être