HOOD – The Cycle Of Days And Seasons

Chez certains groupes la magie opère dès le premier album. Ce fut le cas des Doors, de Joy Divison, de Pink Floyd ou des Sex Pistols. D’autres doivent en revanche tâtonner de longues et pénibles années avant d’enregistrer enfin leur chef d’oeuvre.
Les membres de Hood font partie de ces tâcherons héroïques. Il ne leur fallut pas moins de six albums avant d’être enfin touchés par la grâce.
Enregistré en 1999, The Cycle Of Days And Seasons est un disque exigeant. Le collectif anglais y prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à désarçonner ses très rares auditeurs.
Leurs morceaux tiennent du collage, du patchwork, de la fusion et de la collision. Les styles les plus hétéroclites y entrent en harmonie et en dissonance.
Foisonnantes et chaotiques, les chansons des frères Adams mélangent sans vergogne de squelettiques mélodies acoustiques et une débauche de breakbeats bien cadencés. Le tout est vigoureusement relevé par un penchant marqué pour le bruitisme.
Le résultat est étrange, morbide et déprimant à souhait. La première écoute est particulièrement ingrate. Les chansons ne se distinguent pas vraiment les unes des autres. On a l’impression de s’enfoncer dans une sorte brouillard. Des sons décousus semblent en émerger au hasard pour se dissiper ensuite sans plus de raisons qu’ils sont apparus. Cette atmosphère oppressante devient rapidement insupportable et on arrête le disque en proie à une crise de claustrophobie aiguë.
Il faut plusieurs écoutes pour prendre conscience que chacun de ces morceaux se construit autour d’un noyau de ferveur ardente qui en contrebalance l’insupportable charge de négativité.
The Cycle Of Days And Seasons n’est pas le genre de disque que l’on peut se contenter d’écouter d’une oreille distraite. Pour en apprécier pleinement la beauté, il est nécessaire de lui accorder toute son attention. Il ne reste plus alors qu’à s’armer de patience et à attendre que la musique de Hood veuille bien vous livrer certains de ses secrets.
Les rares critiques musicaux qui acceptèrent de s’intéresser à l’album firent preuve d’un enthousiasme unanime. En vain… Leurs articles dithyrambiques ne convainquirent que les plus convaincus. Les ventes restèrent plus que confidentielles.
La frustration des musiciens fut si forte que le groupe manqua d’éclater. Heureusement pour nous, Chris et Richard Adams en avaient vu d’autres. Ils n’avaient pas surmonté tous ces obstacles pour s’arrêter en si bon chemin.
Passée le plus gros de la déception, la fratrie Adams se remit au travail. Hood publia encore deux autres disques de la même qualité avant de disparaître des écrans radars.Ces opus sont respectivement intitulés: Home Is Where It Hurts et Cold House. A eux seuls ces titres reflètent leur vision riante et optimiste de l’existence.
Little Nameless Nemo